Accueil -  Actualités - Paris 2024 : le bois affiche ses ambitions pour le Village Olympique

Le 07/03/2019 à 18h

Paris 2024 : le bois affiche ses ambitions pour le Village Olympique

L'ensemble de la filière bois s'organise pour répondre aux besoins des maîtres d'ouvrage candidats aux consultations lancées prochainement par Solideo. Le projet France Bois 2024 émet ses recommandations aux maîtres d'ouvrage et futures équipes, tandis que le contenu des cahiers des charges seront connus lors du Mipim.
Au point de départ, la candidature de Paris 2024 déposée au CIO. Face à ses compétiteurs, le dossier français a fait la part belle aux objectifs bas-carbone, en affichant un réduction les émissions de gaz à effet de serre de 55% sur l'ensemble des Jeux comparés à ceux de Londres, dont 30% sur les seules constructions neuves.

Paris 2024 : le bois affiche ses ambitions pour le Village Olympique

Concilier calendrier et ambitions bas-carbone

Traduites en langage opérationnel, ces indicateurs de comptabilité écologique impliquent une part majeure laissée au bois et autres biosourcés dans les matériaux du village, en comparaison d'un projet urbain traditionnel. L'étude urbaine conduite en 2017 par Dominique Perrault corroborait d'ailleurs cet objectif, en affichant la triple ambition d'un village 100% passif, 100% biosourcé, et alimenté en énergie 100% renouvelable.

Sauf que l'heure n'est plus aux promesses de candidature, mais bien à la réalisation en temps et en heure de ce projet hors-normes. Solideo a d'ailleurs déjà rappelé plusieurs fois que la priorité absolue sera, par tous les moyens nécessaires, celle de la bonne tenue du calendrier. Réconcilier les ambitions environnementales et le pragmatisme du planning est d'ailleurs au coeur du cahier des charges de l'importante équipe Hysplex (voir encart). En novembre dernier, Nicolas Ferrand, Directeur Général de Solideo, avait évoqué une part de structure bois oscillant entre 50% et 75% de la programmation dans les colonnes de l'Opinion.

Lancement de France Bois 2024

Les modalités de prescription bois dans les programmes olympiques ne seront réellement connues qu'au lancement des consultations, lors du MIPIM prochain. Dans l'attente, la filière bois s'est d'ores et déjà mise en ordre de bataille afin de répondre à ce qui représente, pour elle, un défi comparable à la réalisation du Village Olympique d'Albertville ou d'EuroDisney à Marne-la-Vallée.

Elle lance actuellement le projet France Bois 2024, porté par ADIVBois, financé par France Bois Forêt (Interprofession nationale) et le Codifab (Comité professionnel des professions de l’ameublement et de la seconde transformation du bois), et inscrit dans le contrat stratégique de filière signé en fin d'année dernière. But de la démarche : offrir une vitrine aux entreprises bois françaises, et, au passage, donner un coup d'accélérateur à la structuration de la filière, plus que jamais sollicitée devant les nouvelles exigences de neutralité carbone émanant de la puissance publique.

Quelles capacités pour la filière ?

Aussi, les interrogations vont bon train quant aux capacités du bois à s'imposer à grande échelle dans un délai contraint.
En termes de ressources pures, c'est-à-dire de volumes de bois récoltés, la filière affiche (après étude interne tout de même) sa sérénité : même dans un scénario maximaliste employant autour de 100 000 mètres cubes de bois, les volumes ne représenteraient qu'une goutte d'eau des récoltes annuelles, et a fortiori de l'accroissement naturel des forêts. Ces dernières grandissent en effet d'environ 3% par an - accroissement dont on ne récolte qu'une petite moitié. Il reste donc de ce point de vue assez de marge pour produire plusieurs Villages Olympiques, d'autant que les chantiers s'étaleront sur deux ans.
Les doutes se font plutôt ressentir du côté des entreprises intervenant en milieu de chaîne pour transformer ce bois, et construire avec. Hormis quelques puissants industriels, la filière française reste largement caractérisée par son tissu de petites et moyennes entreprises, tant du côté de la première transformation (scieurs, industriels) que de la deuxième transformation (constructeurs, charpentiers)... Point de major à même d'absorber seul les marchés de Solideo, comme il peut s'en trouver dans la filière béton. D'où des recommandations émises par France Bois 2024, après échanges resserrés auprès de Solideo, pour organiser de solides équipes françaises.

Comment intégrer le bois dans sa réponse aux consultations Solideo

Dans le scénario de macro-lots autour de 60 000 m², la filière bois pousse en effet pour la composition de groupements vastes et plus pluridisciplinaires que jamais. Les groupements rassembleraient plusieurs maîtrises d'ouvrage - à cette échelle, il convient en effet de se rassembler -, associées à des investisseurs susceptibles d'intégrer les très spécifiques modalités de commercialisations des programmes du Village, les logements devant être habités temporairement par les athlètes, avant d'être remis sur le marché de droit commun.
Aux promoteurs, bailleurs et investisseurs s'ajouteront évidemment les concepteurs, architectes et BET, mais également les entreprises bois : des ensembliers constructeurs, des entreprises générales orientées bois, et/ou des groupements de petites et moyennes entreprises. Ces groupements, encouragés par France Bois 2024, pourront également entrer en association avec le maillon précédent dans la chaîne de valeurs : les sous-traitants industriels, fabricants, et fournisseurs divers. Façon d'encourager également une forme de traçabilité des bois, et de maximiser les retombées économiques pour la prometteuse économie du bois français.

Une Arena 2 en bois

Afin de permettre aux maîtres d'ouvrage et entreprises de se rencontrer, un meet-up sera organisé par France Bois 2024. La filière se tient également prête à répondre aux besoins sur un secteur où elle est historiquement plus présente que celui du logement collectif : celui des équipements sportifs. Le Centre national pour le développement du bois (CNDB) organise précisément un colloque à ce sujet ce 27 février. Le sujet sera également largement mis à l'honneur lors du Forum Bois Construction, organisé à Nancy en avril. Une programmation qui ne doit rien au hasard, puisque le cahier des charges de l'Arena 2, Porte de la Chapelle, demande une forte part de bois et autres biosourcés.

Rémi CAMBAU, Rédacteur en chef de Cadre de Ville

ARTICLES RECENTS :
Île-de-France : un quart des hectares vendus par an sont des fonciers à urbaniser
Le 25/10/2022 à 14h

Île-de-France : un quart des hectares vendus par an sont des fonciers à urbaniser

Alors que la région capitale affiche une trajectoire ZAN exemplaire en hectares consommés, mais aussi en densité de construction, l'Observatoire du foncier estime que près de 3 000 ha sont cédés pour l'urbanisation, chaque année depuis 10 ans, soit en valeur 8,5 milliards, le cinquième des 42 milliards du marché global. La moitié de ces 8,5 milliards concerne des terrains déjà bâtis - donc du renouvellement urbain. Les professionnels de l'aménagement représentent 86% des acquéreurs. Cette première mise en évidence de la chaîne du foncier dans la région intervient sur fond de stabilisation du marché d'ensemble des terrains dans la région. Présentant non pas les derniers chiffres de conjoncture, mais "une note de tendance", qui prend du recul sur les phénomènes à l'œuvre dans la région capitale dans les marchés fonciers. L'Observatoire régional du foncier, l'ORF, met en évidence, ce 20 octobre 2022, une tendance de fond à la baisse en 2020 puis une stabilisation des cessions à titre onéreux. Depuis 2019, maintenant que les chiffres de l'année 2020 fournis par l'administration des finances publiques sont consolidés, il se confirme que tous les indicateurs ont baissé jusqu'à un quatrième trimestre en fort rebond, où 19 000 transactions ont été enregistrées. Le nombre annuel des transactions est cependant tombé, de 66 000 en 2019, à 60 000 (-9%), les superficies échangées de 16 000 à 14 000 ha (-11,5%), et les valeurs échangées de 47 à 40 milliards d'euros (-14%). Ce mouvement à la baisse est particulièrement plus marqué autour des futures gares de transport en commun : celles du Grand Paris Express, celles d'Eole et de la ligne 11 du métro. L'ORF recense 2 600 transactions (-21%), 3,5 milliards de volume financier (-43%), et 242 hectares échangés (-27%). La ligne 15 sud reste la plus active avec 600 transactions , dont la moitié dans cinq gares : Fort d’Issy, Saint-Maur-Créteil, Villejuif-Louis-Aragon, Champigny-Centre et Vitry-Centre.

Lire plus
835 634  entreprises enregistrées