Accueil -  Actualités - Marchés publics et coronavirus : comment gérer la crise ?

Le 20/03/2020 à 17h

Marchés publics et coronavirus : comment gérer la crise ?

C’est une crise sanitaire sans précédent que connaît aujourd’hui notre pays. Afin de ralentir la propagation du coronavirus Covis-19, l’Etat a pris de nombreuses mesures qui impactent fortement l’activité sur le territoire. Les marchés publics sont forcément touchés, de nombreuses entreprises fonctionnant au ralenti ou ayant baissé leur rideau le temps du confinement. Les acheteurs publics peuvent-ils infliger des pénalités de retard à ce titre ? Quid des procédures de passation en cours et de celles à venir ?

Marchés publics et coronavirus : comment gérer la crise ?

Pas de pénalités de retard pour les marchés publics de l’Etat

Le Gouvernement a déjà annoncé de nombreuses mesures pour accompagner et aider les entreprises à traverser cette crise sanitaire. Concernant les marchés publics, Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances, a indiqué que le coronavirus serait considéré comme un cas de force majeure. À ce titre, l’État n’appliquera aucune pénalité de retard à l’encontre des entreprises qui n’arriveraient pas à respecter les délais de livraison. Quid des marchés conclus par les collectivités territoriales et le secteur hospitalier ? La Direction des affaires juridiques (DAJ) de Bercy a publiée le 18 mars une nouvelle fiche technique recommandant clairement à tous les acheteurs publics « eu égard au caractère exceptionnel de la crise, de ne pas hésiter à reconnaître que les difficultés rencontrées par leur co-contractants sont imputables à un cas de force majeure. »

Appel d’offres en cours et à venir : entre urgence et patience

De nombreuses questions se sont également posées concernant les appels d’offres lancés avant le confinement. Interrogé à ce sujet, Sébastien Taupiac, Directeur Santé à l’UGAP et administrateur de l’APASP recommande de reporter les dates limites de dépôt des offres. En effet, de nombreuses entreprises n’étant actuellement pas en mesure de répondre à des appels d’offres, les procédures de passation pourraient être annulées pour manquement à l’égalité de traitement des candidats.
Les besoins des acheteurs publics ne cessent pas pour autant. Des marchés publics négociés sans publicité ni mise en concurrence pourront être conclus, la crise sanitaire que nous traversons étant une urgence impérieuse au sens de l’article R.2122-1 du code de la commande publique. Les marchés conclus en vertu de cette disposition sont bien entendu limités « aux prestations strictement nécessaires pour faire face à la situation d'urgence. » Le recours aux centrales d’achats peut aussi être une solution efficace et permettant de répondre à des besoins plus larges.
Concernant les appels d’offres qui devaient être lancés prochainement, Sébastien Taupiac appelle également les acheteurs publics à être patients, « au moins jusqu’à cet été » afin que les entreprises puissent candidater sur un pied d’égalité.
Les services achats devront donc s’organiser en conséquence et proroger, au besoin, les contrats en cours afin d’assurer la continuité des services publics.

L'APASP

ARTICLES RECENTS :
Île-de-France : un quart des hectares vendus par an sont des fonciers à urbaniser
Le 25/10/2022 à 14h

Île-de-France : un quart des hectares vendus par an sont des fonciers à urbaniser

Alors que la région capitale affiche une trajectoire ZAN exemplaire en hectares consommés, mais aussi en densité de construction, l'Observatoire du foncier estime que près de 3 000 ha sont cédés pour l'urbanisation, chaque année depuis 10 ans, soit en valeur 8,5 milliards, le cinquième des 42 milliards du marché global. La moitié de ces 8,5 milliards concerne des terrains déjà bâtis - donc du renouvellement urbain. Les professionnels de l'aménagement représentent 86% des acquéreurs. Cette première mise en évidence de la chaîne du foncier dans la région intervient sur fond de stabilisation du marché d'ensemble des terrains dans la région. Présentant non pas les derniers chiffres de conjoncture, mais "une note de tendance", qui prend du recul sur les phénomènes à l'œuvre dans la région capitale dans les marchés fonciers. L'Observatoire régional du foncier, l'ORF, met en évidence, ce 20 octobre 2022, une tendance de fond à la baisse en 2020 puis une stabilisation des cessions à titre onéreux. Depuis 2019, maintenant que les chiffres de l'année 2020 fournis par l'administration des finances publiques sont consolidés, il se confirme que tous les indicateurs ont baissé jusqu'à un quatrième trimestre en fort rebond, où 19 000 transactions ont été enregistrées. Le nombre annuel des transactions est cependant tombé, de 66 000 en 2019, à 60 000 (-9%), les superficies échangées de 16 000 à 14 000 ha (-11,5%), et les valeurs échangées de 47 à 40 milliards d'euros (-14%). Ce mouvement à la baisse est particulièrement plus marqué autour des futures gares de transport en commun : celles du Grand Paris Express, celles d'Eole et de la ligne 11 du métro. L'ORF recense 2 600 transactions (-21%), 3,5 milliards de volume financier (-43%), et 242 hectares échangés (-27%). La ligne 15 sud reste la plus active avec 600 transactions , dont la moitié dans cinq gares : Fort d’Issy, Saint-Maur-Créteil, Villejuif-Louis-Aragon, Champigny-Centre et Vitry-Centre.

Lire plus
835 634  entreprises enregistrées